Ce n’est pas un blocage, c’est une fermeture administrative !

Chers et chères collègues,

Le président de l’université a décidé une nouvelle fois de fermer administrativement l’université. Le motif reste toujours le même : assurer la sécurité des étudiant·es et du personnel de l’université dans un contexte de « forts risques de blocage ». Cette position est en complet décalage avec les demandes des étudiant·es et du personnel mobilisé·es.

Après plusieurs semaines d’un mouvement social qui s’est étendu des lycées aux universités et au monde du travail, une Assemblée générale s’est tenue en Amphi 10 avec plus de 250 personnes, étudiant·es comme membres du personnel. Cette Assemblée générale a décidé de bloquer l’université mardi et jeudi (deux journées de mobilisations appelés par diverses organisations). Mais il a clairement été décidé de ne pas bloquer l’université ce mercredi pour permettre d’organiser le mouvement à l’échelle de l’université et de rencontrer les étudiant·es et le personnel non encore au fait des revendications du mouvement. Il n’a donc jamais été question pour les personnes mobilisées de bloquer l’université mercredi 4 novembre. Cette fermeture est donc une décision unilatérale de la présidence dans une situation où aucun risque n’était à prévoir. Il est donc étrange de déplorer dans le même mail cette fermeture ! Et le pis aller du passage massif en distanciel pratiqué dans la plupart des départements est problématique à de nombreux égards et ne peut en aucun cas constituer une solution d’adaptation au mouvement social.

De fait, ces fermetures administratives à répétition ne sont jamais un soutien aux mouvements sociaux, et cela d’autant moins lorsque les étudiant·es et le personnel mobilisé·es prévoient explicitement des espaces d’échange ouverts à toutes et tous. Ces fermetures entravent l’organisation collective et les possibilités les plus élémentaires de réalisation des libertés syndicales et étudiantes. L’université doit être un lieu ouvert permettant la construction sereine du débat démocratique.

Soyons clair : sans la mobilisation extra-ordinaire des lycéen·es et étudiant·es, le sujet du financement de l’éducation de la jeunesse n’aurait pas été mis sur la place publique. Ce n’est pas à coup de déclaration publique des présidences d’établissement que cette discussion s’est installée durablement dans l’espace public. Le changement de ton du gouvernement montre que c’est par l’instauration d’un rapport de force durable qu’il est possible de faire bouger les lignes. Dans ce contexte, les fermetures administratives participent à affaiblir le mouvement et ses revendications.

Le président a également beau jeu de se faire le défenseur de l’ESR alors que les présidences successives de Paris-Dauphine (et plus largement des établissements de PSL) incitent à fragmenter depuis 20 ans l’ESR entre des établissements d’élites et les « autres ». Ces positions entrent en contradiction totale avec les revendications de la jeunesse et des syndicats qui poussent à la mise en place d’un véritable service public de l’éducation de la maternelle à la retraite.

Face à un gouvernement de plus en plus fragilisé, soyons un maximum à porter cette revendication et à défendre le pouvoir d’achat dans la rue le 5 novembre !

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